"Le monde se démantèle, pourquoi pas nous?"
Je ne suis pas à ma place, pas ici, pas avec ses visages qui me sont indifférents. J'ai pas de quoi me jeter. Mais bien assez pour me pendre. Ce que je ne ferai pas, je suis si forte au fond. La vie n'est pas rose, pourtant pas noire. Elle a ses hauts et ses bas, et ça me donne le vertige. Je ne suis bien nul part. J'ai raté tellement de choses. Les rêves, le passé, la vie. Je voudrais recommencer. Je voudrais me souvenir, des moments si précieux dont on oublie l'exception. Être dans ses bras, sentir son odeur, entendre leurs rires. Mais le temps s'échappe, nous échappe. On traine derrière, difficilement, voguant, errant. On ne trouve plus ce bonheur qui nous avait donné l'impression de vivre pour de bon. Et moi, aujourd'hui, ici, j'en ai marre de leur folie, du manque, de l'individualisme, des directives, des regrets et surtout, surtout, des faux espoirs. J'en ai marre de faire semblant de sourire, d'être heureuse sans lui, sans elles. J'en ai marre de garder mes larmes, mes soucis, mon opinion. J'en ai marre de leurs gueules, leurs états d'esprit, leur aveuglement. Regardez vous, vous êtes si laids à rire ainsi, de cette grosse dame, de cet enfant sali, de vous même. Vous êtes si laids quand vous ne dites pas ce que vous pensez, quand vous aimez sans retour, quand vous croyez si fort au destin que vous ne vivez plus. J'avais envie d'aimer, de pouvoir plonger dans son regard, dans ses bras. J'avais envie de tomber, être rattraper par ses mains. J'avais envie d'y croire. J'avais envie que tu restes, toi, parce que sans toi plus rien n'est pas pareil. J'avais envie de demeurer l'enfant rêveuse, naïve et de vivre sans complications. Maintenant, je voudrais m'enfuir, crier. Crier que la vie n'est pas idéale pour les rêveuses, crier que je l'ai aimais à celle qui l'aime, crier que je voudrais l'aider, si je le pouvais. Crier que toute votre connerie, vos quelques malheurs inventés par une quelconque crainte, ne sont rien, faces à ceux qu'on cache sous un sourire, et qu'on ne prononce jamais, car leur simple élocution nous écorche sous la peau. Non, tout ne va pas bien, pas toujours, même si le miroir dit le contraire, tous les jours, parce qu'il le faut. Il faut puiser son bonheur dans d'autres choses, que ce qui semble faire celui de tous, quand le notre s'efface derrière des larmes dans la nuit. Un message d'une amie, un sourire d'enfant, un rayon de soleil, un air qu'on chantonne. C'est la seule chose qui nous tient, nous retient, à force. J'attends que les choses changent, avec un sourire et un regard vif. Et, en attendant, je vous observe, vous qui ne savait pas vraiment ce que ça fait d'avoir mal. Vous êtes si maladroits, si perdus, parfois égoistes ou tordus. Mais vous semblez heureux, et j'hallucine devant votre bonheur si peu mérité. En regardant ces malades, qui ont toujours bien travaillées, ces morts trop vites qui ont toujours trop gatés. Le monde est injuste, il faut juste s'en accommoder, ou s'enfuir.
"On se rappelle beaucoup mieux les bons moments : alors, à quoi servent les mauvais ?"
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